Survivre ou sombrer : le vrai test des PME africaines

Par Boubacar Sidiki TRAORE, le 16 août 2025

L’entrepreneuriat n’est pas une mer d’huile.

C’est un océan vivant : l’horizon attire, la météo change, la concurrence guette.

L’entrepreneur n’est pas un promeneur. C’est un capitaine qui quitte le port pour affronter l’imprévisible d’un marché à la fois incertain et hautement concurrentiel.

La mer ne se contrôle pas ; elle se lit, se respecte et s’anticipe.

Chaque décision constitue un cap.

Chaque ressource forme une voile.

Chaque erreur représente une voie d’eau à colmater rapidement, surtout lorsque surgissent les barrières douanières dépassant 30 %, les charges sociales qui absorbent près de 35 % de la masse salariale, les lenteurs administratives ou encore les difficultés d’accès au financement (seules 15 % des PME y parviennent réellement).

En Afrique de l’Ouest Francophone, les banques commerciales, soumises aux contraintes réglementaires de la commission bancaire et prudentes face aux risques, financent rarement les PME.

Ces dernières, dépourvues de garanties suffisantes, exploitent peu leurs créances clients comme levier financier. De fait, les sources alternatives de financement demeurent limitées, tandis que les charges sociales et fiscales pèsent lourdement, étouffant parfois les marges avant même que le navire ne prenne le large.

Dans ce contexte, l’avantage ne découle pas de la capacité à deviner où se trouvent les bancs de poissons, mais de celle à construire un navire taillé pour les réalités locales, capable d’avancer même quand les vents tournent brutalement :

• Une vision claire pour distinguer les véritables courants des faux phares.

• Une préparation méthodique : trésorerie robuste, capacité à capter les financements, partenariats logistiques solides.

• Un équipage soudé mobilisant les compétences locales pour transformer l’incertitude en agilité.

• Une boussole interne pour ajuster la route, qu’il s’agisse de chocs politiques, de pressions réglementaires ou de corruption systémique.

Dans cette mer, nombreux sont les navires qui n’ont pas atteint leur destination : Wari (Sénégal), Quick Cash (Côte d’Ivoire), GLO Mobile (Bénin).

Ces échecs rappellent qu’une idée prometteuse ne survit pas sans cap précis, sans gouvernance rigoureuse et sans préparation adaptée aux spécificités du terrain.

Ainsi, le succès récompense celles et ceux qui investissent dans la construction du bateau avant même de lever l’ancre.

Question : Quel chantier renforcez-vous actuellement ? La « coque » (trésorerie et gouvernance), les « voiles » (produit et canaux de distribution) ou les « moteurs » (processus et exploitation des données) ?

, ST.

Thèmes : entrepreneuriat, stratégie, afrique, gestiondesrisques, gotomarket

Publié d’abord sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/posts/sidiki-traore_entrepreneuriat-strataezgie-afrique-activity-7362556398561361921-a4AH