735 MW : une infrastructure nouvelle ne crée pas de la performance, elle crée une possibilité

Par Boubacar Sidiki TRAORE, le 22 août 2026

Le 5 août, la Côte d'Ivoire a approuvé trois conventions portant sur de nouvelles capacités électriques pouvant représenter jusqu'à 735 MW : une centrale à cycle combiné de 470 MW à Taboth, une unité flottante de 225 MW à Abidjan et 40 MW de capacités modulaires. À cela s'ajoute la ratification d'un financement américain de 300 millions de dollars consacré à un programme énergétique régional.

Pourquoi est-ce stratégique

Parce que l'électricité n'est pas seulement un secteur. Elle constitue une infrastructure de compétitivité. Lorsqu'une économie augmente durablement sa capacité énergétique, plusieurs équations peuvent changer : localisation des usines, continuité d'activité, capacité de transformation locale, coûts de production et attractivité pour les investisseurs.

Prenons l'agro-industrie. Pour certaines activités fortement énergivores, une alimentation plus stable peut réduire les interruptions, limiter le recours aux solutions de secours et améliorer la productivité des équipements.

Ces nouvelles capacités ne représentent donc pas seulement des mégawatts supplémentaires. Elles peuvent modifier l'économie de certains investissements.

Mais capacité installée ne signifie pas énergie disponible

Une infrastructure nouvelle ne crée pas automatiquement de la performance. Elle crée une possibilité.

Production, transport, distribution, maintenance et qualité du réseau doivent suivre. Sinon, une partie de la possibilité peut se perdre entre la centrale et l'usine.

La vraie question pour les entreprises devient alors : sommes-nous organisés pour profiter des nouvelles capacités que notre environnement est en train de créer ?

Trois réflexes me paraissent utiles : • mesurer le poids réel de l'énergie dans son coût de revient et ses pertes de production • réexaminer les projets d'investissement ou d'extension jusqu'ici contraints par l'accès à l'énergie • améliorer l'efficacité énergétique et le pilotage des consommations

Une économie peut améliorer ses infrastructures plus vite qu'une entreprise n'améliore son organisation. Et, dans ce cas, le principal frein à la croissance n'est plus nécessairement à l'extérieur. Il peut être à l'intérieur.

Thèmes : Stratégie, CôteDIvoire, Exécution, Industrie, Énergie

Publié d’abord sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7496718727409799168/