Par Boubacar Sidiki TRAORE, le 26 août 2026
Dans l'UEMOA, l'assainissement du secteur de la microfinance a fait passer le nombre d'institutions agréées d'environ 1 000 à 524 à fin décembre 2025.
Le 6 août, la BCEAO a publié les décisions prises le 1er juillet par la Commission Bancaire de l'UMOA. Trois banques implantées au Niger, en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso ont chacune reçu un blâme assorti d'une sanction de 300 millions de FCFA. Parmi les griefs : gouvernance, gestion des risques, respect des normes prudentielles et dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Au Sénégal, la sanction est allée beaucoup plus loin. LOCAFRIQUE a perdu son agrément d'établissement financier. Le retrait a entraîné sa radiation de la liste des établissements agréés et sa mise en liquidation.
Autrement dit, certaines défaillances ne coûtent pas seulement de l'argent. Elles peuvent remettre en cause le droit même de poursuivre son activité.
Ce n'est plus réservé aux acteurs financiers
Avec le nouveau cadre applicable aux services de paiement dans l'UMOA, les entreprises concernées doivent également satisfaire à des exigences de gouvernance, de sécurité, de gestion des risques et de conformité pour pouvoir continuer à opérer.
La croissance, le nombre de clients ou les volumes de transactions ne suffisent donc pas toujours à sécuriser une entreprise.
Un autre élément mérite l'attention : les trois banques sanctionnées ne sont pas nommées. Le marché sait que le risque existe. Il ne sait pas nécessairement où il se trouve.
Le régulateur n'est pas le seul juge
Covenants bancaires, conditions imposées par les bailleurs, due diligence d'investisseurs, régularité fiscale et sociale, qualification aux marchés publics, agréments sectoriels. Le financeur, l'investisseur ou le donneur d'ordre peut en être un autre.
Une entreprise peut ainsi continuer à vendre, recruter et afficher de la croissance tout en accumulant une fragilité réglementaire, financière ou organisationnelle susceptible de bloquer demain un financement, un marché ou son activité.
C'est pourquoi la question d'un dirigeant ne devrait pas être seulement : « Sommes-nous performants ? » Elle devrait aussi être : « Existe-t-il aujourd'hui, dans notre organisation, un risque capable de remettre en cause demain notre droit d'exercer, de nous financer ou de nous développer ? »
La conformité n'est donc pas un simple sujet de back-office. Elle fait partie de la continuité stratégique de l'entreprise.
Thèmes : Gouvernance, Conformité, Stratégie, PME
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