Par Boubacar Sidiki TRAORE, le 7 octobre 2026
En Côte d’Ivoire, l’assurance Non-Vie a généré près de 396 milliards FCFA de primes en 2025, en progression d’environ 9 %.
C’est une bonne nouvelle.
Mais pour un dirigeant d’assurance, la croissance du chiffre d’affaires n’est que le début de l’analyse.
La vraie question est : quelle valeur cette croissance crée-t-elle réellement ?
Le ratio combiné apporte une première réponse. Il permet de confronter les primes à la sinistralité et aux coûts nécessaires pour souscrire, distribuer et gérer les contrats.
La réassurance complète cette lecture. Elle a un coût, mais elle permet aussi de transférer une partie du risque, de réduire la volatilité des résultats et de protéger la capacité financière de l’assureur.
Mais l’analyse doit aller plus loin.
Toutes les primes ne se valent pas.
Avant d’accélérer sur une branche, un segment ou un canal de distribution, quatre questions me paraissent essentielles :
Croît-il ?
Est-il techniquement rentable ?
Quelle volatilité fait-il porter au portefeuille ?
Combien de capital mobilise-t-il ?
Cette lecture conduit à quatre arbitrages possibles :
Accélérer. Développer sélectivement. Corriger. Sortir.
Une activité en forte croissance mais insuffisamment rentable n’appelle donc pas nécessairement davantage de volume.
À l’inverse, une activité moins spectaculaire en croissance peut créer davantage de valeur si elle offre une meilleure rentabilité technique, une volatilité maîtrisée et une utilisation plus efficiente du capital.
Le véritable enjeu stratégique n’est donc plus seulement :
« Comment gagner davantage de primes ? »
Mais :
« Où chaque franc de capital engagé crée-t-il le plus de valeur ajustée du risque ? »
C’est à cet endroit que la croissance devient un choix stratégique, et non plus seulement un objectif commercial.
Structurer avant d’accélérer.
Thèmes : Assurance
Publié d’abord sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7513537158788517888/