L’illusion des projets

Par Boubacar Sidiki TRAORE, le 16 mars 2026

Beaucoup d’entreprises multiplient les projets pour accélérer leur transformation ou leur croissance.

Lorsqu’elles veulent aller plus vite, elles lancent un projet.

Projet de digitalisation.

Projet de performance.

Projet commercial.

Projet opérationnel.

Progressivement, quelque chose change dans l’organisation.

Non pas dans la stratégie.

Mais, dans la manière de fonctionner.

Peu à peu, l’entreprise cesse d’être une organisation à gouverner.

Elle devient un portefeuille de projets.

Chaque initiative a son chef de projet, son calendrier, ses indicateurs, ses réunions de suivi.

Les outils se multiplient :

OKR, agile, lean, tableaux de pilotage.

Les réunions s’enchaînent.

Les tableaux se remplissent.

Les présentations circulent.

L’organisation semble en mouvement.

Et, face à l’incertitude, agir rassure.

Agir vite rassure encore davantage.

Multiplier les projets donne alors l’impression que l’entreprise avance.

Pourtant, une autre réalité apparaît.

Les projets complexifient l’organisation et multiplient les tensions internes.

Le projet de digitalisation veut améliorer l’expérience client.

Le projet de performance cherche à réduire les coûts.

Le projet opérationnel modifie les processus.

Le projet commercial promet plus de leads, de conversion et de ventes.

Sur le terrain, les équipes doivent vendre plus vite, avec moins de ressources, dans des procédures qui changent.

La fatigue s’installe.

La confusion aussi car une entreprise n’est pas une somme d’initiatives.

C’est un système.

Un système où la stratégie donne une direction.

Où la structure organise les responsabilités.

Où la décision maintient la cohérence.

Lorsque les projets se multiplient, la fragmentation apparaît.

Chaque projet optimise son périmètre.

Mais, personne ne garantit la cohérence de l’ensemble.

C’est le paradoxe.

Les projets sont censés accélérer l’action.

Mais, ils ralentissent la décision.

Chaque initiative crée de nouveaux arbitrages.

Chaque arbitrage ajoute de la complexité.

Peu à peu, deux logiques s’opposent.

La logique des projets, qui pousse au changement.

La logique des opérations qui exige stabilité et continuité.

Sans gouvernance forte, ces deux dynamiques entrent en tension.

Ce qu’il faut retenir :

Une entreprise peut réussir ses projet et perdre sa cohérence.

C’est tout comme un orchestre composé d’excellents musiciens,

mais, privé de chef.

Les projets créent le mouvement.

La gouvernance crée la cohérence.

-ST.

Thèmes : Stratégie

Publié d’abord sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/posts/sidiki-traore_lillusion-des-projets-beaucoup-dentreprises-activity-7439256639301509121-IbeS